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Une sorte de longue flèche dorée était en train de fuser au centre de l’écran de contrôle de vol holographique. Elle représentait la trajectoire empruntée par un skiff fraîchement dérobé dans le hangar. Un skiff qui naviguait à présent sur la bordure de l’anneau gravitationnel d’Ossus. A une vitesse folle.
— Plus que trente secondes avant qu’elle passe en hyperespace, déclara un contrôleur de vol. (Equipé d’une oreillette, ce Bith à large tête était assis devant l’une des dix stations de contrôle qui encerclaient l’écran holographique.) Et elle n’a toujours pas répondu à notre signal.
— Essayez encore, dit Luke. (Il pouvait ressentir l’angoisse des pilotes de XJ3 lancés aux trousses du skiff – un duo de jeunes Chevaliers Jedi qui faisaient ici leur baptême du feu.) Savons-nous si elle est accompagnée ?
— Difficile à dire, fit le superviseur du Bith, une Duros à la peau bleue du nom d’Orame. (Elle s’approcha d’un des terminaux vides et pianota une information. La cartouche contenant la vidéo d’une caméra de sécurité située dans le hangar d’entretien sortit d’une petite trappe, au bas de l’écran.) Mais nous avons trouvé ceci.
La vidéo montrait Alema Rar en train d’arpenter une plate-forme de réparation sombre et déserte. Deux caisses pleines de nourriture flottaient au-dessus de sa tête.
— Nous pensons que cette silhouette…
— … est en train de voler les caisses, conclut Mara. (Tout comme Yan, Leia et plusieurs autres, elle avait accompagné Luke, afin d’en savoir un peu plus.) Faites un zoom sur l’étiquette, si c’est possible.
Une étiquette apparut instantanément au centre de l’écran.
— VIANDE EN GELÉE NUTROFIT, lut Mara.
— Elle est train de voler la nourriture de Gorog ! s’indigna Ben.
La trajectoire du skiff sembla s’étirer, signe qu’Alema s’apprêtait à passer en hyperespace. Les pilotes de XJ3 demandèrent la permission d’ouvrir le feu. Luke les atteignit au cœur de la Force, afin de les empêcher de pulvériser le vaisseau.
— Permission autorisée, lança Orame à travers l’unité com. Ouvrez le feu.
Les pilotes eurent un instant d’hésitation.
— Mais…
— Vous avez entendu les ordres, ajouta Luke, qui tentait toujours de retenir les pilotes. Ouvrez le feu.
La trajectoire du skiff se mit à trembloter tandis qu’Alema cherchait à semer les deux pilotes.
— Elle est en train de leur échapper ! s’écria Ben. Il faut l’arrêter !
— Ils doivent faire attention, tu sais Ben, dit Mara d’une voix douce. Sinon, ils risquent de blesser Gorog.
Ben réfléchit un instant. Puis il soupira et saisit la main de sa mère.
— OK. Laissez-les partir. Je ne crois pas que Gorog voulait rester, de toute façon.
Le skiff atteignit enfin la bordure de l’anneau gravitationnel d’Ossus et disparut d’un coup. Le contrôleur de vol leur indiqua qu’elle venait de passer en hyperespace.
— C’est b… fit Yan dans un soupir de soulagement.
— Ne nous emballons pas, l’interrompit Luke avant de se tourner vers son fils. Comment sais-tu que Gorog n’avait pas l’intention de rester ? Tu ressens toujours sa présence dans ton esprit ?
Ben ferma les yeux en hochant la tête.
— D’une certaine manière. Elle veut que je sois heureux.
Le désarroi de Luke se refléta dans les yeux de Mara. Si Ben était en mesure de se connecter à Gorog après son passage en hyperespace, cela ne pouvait être qu’au travers de la Volonté de la Colonie. Il était en partie Affilié du Nid Obscur. Et Mara semblait d’accord avec son époux.
— Ben, que dirais-tu si Nanna t’emmenait au salon réservé aux pilotes pour t’offrir une glace ? proposa Mara. J’ai besoin de parler à ton père. On viendra te voir avant de partir.
Le petit garçon ne bougea pas et Luke fronça les sourcils.
— Ben. Ne me dis pas que tu n’as pas entendu ta mère.
Ben acquiesça.
— Si, je l’ai entendu. Mais pourquoi est-ce que vous m’obligez à rester sur Ossus ? (Sans même attendre de réponse, il se tourna vers Yan.) Il va y avoir une guerre ou quoi ?
Yan lui fit une grimace et déclara :
— Pas si on peut l’empêcher, mon bonhomme.
— Et certainement pas de ce côté de la galaxie, ajouta Mara. Pourquoi tu t’en fais pour ça ?
— Parce que vous faites toujours ça quand il y a une guerre, dit Ben. Vous me laissez quelque part avec Maîtres Tionne et Solusar, et vous ne venez plus jamais me voir.
Le commentaire de son fils ébranla Luke plus qu’il ne l’aurait cru. Et il sentit sa femme tressaillir, elle aussi. Ils se demandaient souvent si le refus de Ben d’utiliser la Force n’était pas en grande partie dû à l’angoisse de la séparation dont il affait souffert au cours de la guerre contre les Yuuzhan Vong. Et Ben savait parfaitement en jouer.
Malgré cela, Mara refusa de se laisser manipuler par un petit garçon de huit ans.
— N’exagère pas, Ben. Tu dois absolument rester en sécurité. Et tu sais pertinemment qu’on vient te voir quasiment à chaque fois.
— Et puis tu sais, ils ne partiront pas pour très longtemps, cette fois-ci, dit Jacen, s’avançant entre Yan et Leia. Il ne va pas y avoir de guerre.
Ben fronça les sourcils.
— Comment le sais-tu ?
— Je le sais, point. (Jacen lui adressa un sourire en coin digne de son paternel.) Fais-moi confiance.
Luke sentit que Mara commençait à s’apaiser.
— Et puis, tu n’iras pas tout seul, ajouta Jacen. Je serai avec toi.
— Tu ne repars pas ? demanda Ben.
— Pas encore. Selon les Maîtres, certains d’entre nous auraient déjà passé beaucoup trop de temps aux côtés des Killik.
— M’en parle pas, fit le garçon en roulant des yeux.
— Alors, on pourrait peut-être traîner ensemble, nous deux ? (Jacen se tourna vers Mara.) Si ta mère est d’accord, bien entendu.
— Je n’y vois aucun inconvénient, dit-elle. Tant que Maître Solusar veille à ce que Ben fasse bien ses devoirs.
— Pas de problème ! (Le sourire de Ben était aussi large que celui d’un Hutt.) L’école, c’est trop facile !
— Et tant que tu obéis aux Maîtres Tionne et Solusar, l’avertit Mara. Plus de cachotteries avec Nanna, non plus.
— Je ne peux plus, de toute façon, remarqua Ben. Papa a modifié son programme.
— Très bien. (Jacen prit la main de Ben et s’engagea vers la porte.) Et si on allait se la prendre, cette glace ?
— Je peux en avoir une au kyleme ? demanda Ben sans se retourner. Une de la taille d’un Géant Bleu ?
Une fois qu’ils eurent totalement disparu, Yan dit :
— Jacen sait vraiment y faire avec les gosses. Qui l’aurait cru ?
— C’est son empathie, observa Leia. Je suis heureuse de voir qu’elle est intacte.
Leia ne précisa pas sa pensée. Mais Luke savait bien où elle voulait en venir : après la guerre – et après toutes les souffrances que Jacen avait dû endurer entre les mains de Vergere et des Yuuzhan Vong – elle était surprise, voire stupéfaite, de réaliser qu’il lui en restait un peu.
Luke se tourna vers Yan.
— Pardon pour tout à l’heure, mais nous ne savons pas jusqu’à quel point le Nid Obscur est capable de pervertir l’esprit de Ben.
— Pas de problème, fit Yan. J’avais bien compris ton plan.
— Je ne saisis pas pourquoi tu es surpris, s’étonna Leia. Alema est toujours une Jedi. Et lorsque Cilghal l’a laissée reprendre ses esprits, personne ne s’attendait à ce qu’elle s’échappe. C’est maintenant que la situation se complique.
— Comment avez-vous deviné quel vaisseau elle allait voler ? demanda Mara.
— Nous ne le savions pas, répondit Leia. On a placé des mouchards sur chacun d’entre eux.
— En parlant de mouchards, il faudrait peut-être y aller maintenant, râla Yan. Ce transmetteur a une portée de seulement cinq années-lumière. Nous devons coller au train d’Alema avant qu’elle n’atteigne la Colonie. Sinon, on risque de la perdre.
Luke suivit Yan et les autres en direction de la porte.
Ils avaient l’intention de suivre Alema au cœur du Nid Obscur et mettre un terme à son emprise sur la Colonie en éliminant Welk et – à condition qu’elle ait survécu au Crash – Lomi Plo. Cilghal et Jacen étaient persuadés que Welk s’en était tiré ; et que le Jedi Obscur contrôlait les Gorog de la même manière que Raynar contrôlait Unu.
Au niveau de la porte, Yan fonça tête baissée dans un petit homme empoté avec le visage couvert de tatouages et une chevelure bleue totalement désordonnée. Sans même prendre la peine de s’excuser, le nouveau venu continua d’avancer et s’immobilisa en face de Luke. R2-D2 le suivait de près.
— Vous voilà enfin, dit-il. Je vous ai cherchés partout.
— Je ne comprends pas pourquoi, Ghent, fit Mara. On vous avait dit qu’on avait à faire.
Ghent plissa le front.
— Ah bon ?
— Oui, plusieurs fois, fit Luke. Et puis, nous devons partir d’ici peu.
— Oh. (Ghent baissa piteusement les yeux, puis se tourna vers R2-D2.) Désolé mon vieux, mais je crois bien que ça devra attendre.
— Qu’est-ce qui devra attendre ? demanda Leia. Vous avez trouvé quelque chose ?
Ghent hocha la tête.
— Quelques secondes d’enregistrement que j’ai réussi à localiser. Je voulais simplement vous demander si…
— Un holo de qui ? demanda Luke. D’une femme aux yeux marron ?
— C’est exact, répondit Ghent. Mais cela défile très vite. Si je peux…
— Vous pouvez nous le montrer ? (Leia semblait encore plus excitée que Luke ne l’aurait pensé.) Avant que nous partions ?
— Bien sûr, répondit Ghent en fronçant les sourcils.
Il ne se passa rien et un silence gêné commença à se faire sentir.
— Ghent. Nous aimerions vraiment visionner ce holo, dit Mara. Maintenant. Comme l’a dit Luke, il ne nous reste que très peu de temps.
— Oh, je vois, s’excusa Ghent.
Il s’accroupit et inséra une puce dans l’une des prises de connexion de R2-D2. Puis il entra une information.
— Montre-leur.
R2-D2 bipa une objection et Yan émit un grognement en regardant sa montre.
— Ne m’oblige pas à brouiller des secteurs mémoriels, l’avertit Ghent. Parce que cette fois, je ne te les réparerai pas.
R2-D2 laissa échapper un long gazouillement électronique et finit par activer son holoprojecteur.
Le profil de cette femme aux yeux marron apparut sur le sol de la salle de contrôle. On aurait dit qu’elle se tenait debout, face à une autre personne invisible sur le holo.
— Est-ce qu’Anakin est venu vous voir ? demanda une voix masculine.
— Attendez une minute, fit Yan. Je connais cette voix-là.
— Tu peux, remarqua Luke. (La voix semblait appartenir à un homme plus jeune que celui qu’il avait connu, mais c’était la même rythmique et les mêmes intonations.) C’est Obi-Wan Kenobi.
Ghent désactiva le holo.
— Vous voulez le visionner, oui ou non ?
— Bien sûr… Désolés, s’excusa Leia. Continuez, je vous en prie.
Ghent réactiva le holo et R2-D2 le fit repartir depuis le début.
— Est-ce qu’Anakin est venu vous voir ? demanda Obi-Wan.
— Plusieurs fois. La femme lui sourit avant d’ajouter : J’ai été heureuse d’apprendre qu’il avait été accepté au sein du Conseil Jedi.
— Je sais. (Obi-Wan apparut dans le holo, vêtu d’un costume Jedi avec la capuche rabattue. Il était encore jeune, avec une légère barbe châtain et un visage dépourvu de rides.) Il le mérite. Il est impatient, têtu, borné. Mais il est profondément doué.
Ils rirent, puis la femme déclara :
— Vous n’êtes pas venu jusqu’ici juste pour me dire bonjour. Quelque chose ne va pas, n’est-ce pas ?
Obi-Wan adopta une posture plus sérieuse.
— Vous auriez dû être Jedi, Padmé.
Le nom eut l’effet d’une déflagration sismique chez Luke et Leia.
— Vous ne savez pas bien dissimuler vos sentiments, dit Padmé.
Obi-Wan acquiesça.
— C’est au sujet d’Anakin. Il devient lunatique, distant et se retrouve embarqué dans une drôle de situation en tant que représentant du Sénateur. Mais je crains qu’il y ait plus que cela. (L’image revint sur Padmé.) J’espérais qu’il vous aurait parlé.
— Pourquoi me parlerait-il de son travail ? demanda-t-elle.
— Vous ne savez pas non plus dissimuler vos sentiments.
— Ne me regardez pas comme ça, fit Padmé d’un air soucieux.
Obi-Wan continuait à l’étudier avec le même air inquiet.
— Je connais ses sentiments pour vous.
— Que dit-il ? fit Padmé en détournant le regard.
— Rien, répondit Obi-Wan. Il n’a pas à le faire.
Padmé baissa les yeux, se tourna et disparut du holo.
— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
— Je ne vous connais que trop bien, tous les deux. (Obi-Wan la suivit hors du cadre.) Je sais que vous êtes amoureux.
Il n’y eut aucune réponse et le holo disparut.
— C’est tout ? demanda Luke.
Ghent hocha la tête et tapota la coque argentée de R2-D2.
— R-2 m’empêche d’aller plus loin. Lorsque que j’ai entré les codes de sécurité, il a crypté le reste du holo.
Le droïd siffla une objection.
— Ce n’est pas à toi de décider ce qui est bon pour Maître Luke, déclara C-3PO. Tu n’es qu’un droïd.
R2-D2 vibra, signe d’énervement.
— Non. Je ne connais pas ton secret, répondit C-3PO. Et si je le connaissais, je le dévoilerais immédiatement à Maître Luke.
R2-D2 lui répondit par un petit gazouillis suraigu.
Agacé par cet échange infructueux, Luke se tourna vers Ghent.
— Ecoutez. Il ne nous reste plus que deux minutes avant que nous décollions. Y a-t-il un moyen quelconque de visionner le reste du holo sans la coopération de R-2 ?
Ghent soupira.
— Bien sûr. Il retira sa puce de la prise de connexion. Tout ce que j’ai à faire, c’est effacer les secteurs de sa personnalité…
R2-D2 émit un grésillement strident.
— Ne compte pas sur moi pour traduire cela, s’indigna C-3PO. Voilà ce qui arrive aux droïds arrogants comme toi. Je te suggère de coopérer. Et plus vite que ça.
R2-D2 exprima son refus dans un sifflement désespéré.
Luke observa le droïd et demanda :
— Je voulais dire, sans effacer sa personnalité.
— Pas en deux minutes… Je crois même qu’une vie entière ne suffirait pas, indiqua Ghent. Ce droïd n’a pas fait de remise à jour depuis des décennies. Tous ses circuits sont concernés.
— Je l’ai bien remarqué, soupira Luke. Et en ce qui concerne le logiciel espion ?
Ghent sembla perdu.
— Le logiciel espion ?
— Le logiciel espion qui m’empêche d’accéder à sa mémoire.
— Oh, ce logiciel espion ? fit Ghent. Il n’y en a pas.
— Il n’y en a pas ? répéta Luke, de plus en plus irrité. Alors, comment se fait-il que R-2 me refuse l’accès ?
Ghent soupira de nouveau, apparemment aussi exaspéré que son interlocuteur.
— C’est ce que j’essaie de vous expliquer…
— Vous pourriez peut-être continuer sur le chemin du salon des pilotes, les interrompit Mara. Je vous rappelle que nous avons une Twi’lek à récupérer.
Luke était si excité par le holo qu’il en avait presque oublié sa mission première. Anakin – son père – avait été amoureux d’une magnifique femme nommée Padmé. Et Padmé ressemblait étrangement à Leia. Avaient-ils enfin découvert le nom de leur mère ? Il pouvait deviner que Leia se posait les mêmes questions. Mais elle semblait trop effrayée pour les exprimer à voix haute. Tout comme lui.
Luke avança jusqu’à Ghent.
— Vous étiez en train de m’expliquer pourquoi R-2 me refusait l’accès à cette mémoire ?
— C’est parce qu’il croit vous protéger, expliqua Ghent. C’est un petit droïd vraiment très têtu.
— Mais vous ne pouvez pas le duper, c’est ça ? demanda Leia. Je vous ai vu déjouer des codes de protection bien plus sophistiqués.
— Oui, fit-il. Mais les programmes de R-2 ont été conçus à des fins militaires. Ce qui veut dire que ces protocoles de sécurité risquent de détruire les données avant qu’elles tombent entre les mains de personnes non autorisées. Si vous essayez de forcer l’accès, toute la puce mémorielle se reformate.
— Et il n’y a aucun moyen de gruger ces protocoles sans avoir à effacer sa personnalité ? demanda Luke.
— Je n’ai pas dit ça, rétorqua Ghent. Il y a bien un moyen. Mais j’aurais besoin de votre aide. Et c’est quasiment impossible.
— Dis toujours, fit Yan.
— OK, reprit Ghent. Apportez-moi l’ordinateur du concepteur de l’Intellex Quatre.
— Pour quoi faire ? demanda Luke.
— Parce qu’il doit nous permettre d’accéder aux données lorsque ces prototypes rencontrent de tels pépins, dit Ghent. Et s’il est comme la plupart des concepteurs de cerveaux de droïds, ceci fait partie de l’architecture fondamentale des Intellex Quatre. C’est un système électronique particulièrement compliqué qui nécessite d’entrer une longue liste de mots de passe et de clés de cryptage dans l’ordinateur.
— Cela ne devrait pas être trop difficile. A condition qu’il n’ait pas été détruit pendant la guerre, dit Luke. Qui est le concepteur ?
Ghent haussa les épaules.
— Je n’en sais pas plus que vous. Le modèle R-2 est, à l’origine, un modèle Impérial. Et le Département Impérial de Recherche Militaire avait pour habitude de garder l’identité de leurs scientifiques secrète.
— Vous plaisantez, j’espère, dit Leia. Vous voulez qu’on retrouve l’ordinateur de ce type sans même savoir qui il est ?
— Ce n’est pas aussi difficile que ça, répondit Ghent. Vous vous souvenez quand l’équipe de conception Incom a rejoint le camp Rebelle avec les prototypes de ailes X ?
— Bien sûr, répondit Leia, toujours sur ses gardes.
— Eh bien, ce type était en relation avec eux au sujet de l’interface de R-2, précisa Ghent. Et après le changement de camp, Industrial Automaton n’a jamais apporté aucune modification à l’Intellex Quatre.
— Ils avaient les chocottes, intervint Yan. Parce que ce gars-là était le seul capable de s’en sortir et qu’il est passé à l’ennemi avec les concepteurs des ailes X.
— Non. Ce n’est pas parce qu’il était passé à l’ennemi, observa Leia, tout en étudiant Ghent attentivement. S’il avait fait une telle chose, nous saurions où il se trouve, n’est-ce pas ?
— Tout à fait, répondit Ghent. Il a purement et simplement disparu.
Luke ne put cacher son inquiétude.
— Quand vous dites qu’il a disparu, vous voulez dire que… ?
— Personne ne sait. (Ghent se tourna vers Leia.) C’est ce que le mot disparaître veut dire, je me trompe ? Personne ne sait.